L’année 2026 marque le 25e anniversaire de la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick.
Peu de coalitions durent 25 ans. Encore moins parviennent à obtenir des avancées qui ouvrent des portes aux travailleuses.
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, collègues, partenaires et alliées rendent hommage à Johanne Perron, qui dirige la Coalition depuis sa fondation en 2001, pour sa contribution remarquable à la lutte contre la discrimination salariale fondée sur le genre au Nouveau-Brunswick.
L’équité salariale se définit comme un salaire égal pour un travail de valeur égale. Elle vise à corriger la discrimination salariale historique fondée sur le genre, qui a concentré les femmes dans des secteurspeu rémunérés, notamment dans le secteur des soins.
La Coalition a aussi dénoncé les effets à la croisée des formes d’oppression sur les inégalités salariales. Par exemple, les femmes racialisées gagnent en moyenne 0,59 $ pour chaque dollar gagné par les hommes blancs, et que les femmes bisexuelles gagnent moins de la moitié du revenu des hommes hétérosexuels.
La mission de la Coalition est de faire progresser l’équité salariale et de promouvoir des conditions de travail équitables pour les femmes au Nouveau-Brunswick.
« Revendiquer l’équité salariale nécessite une personne exceptionnelle », affirme Jula Hughes, qui était professeure de droit à l’Université du Nouveau-Brunswick lorsqu’elle s’est jointe à la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick en 2009.
« Cela exige une expertise technique, un grand talent pour rassembler les gens, une vision stratégique et, peut-être surtout, l’endurance d’une coureuse d’ultramarathon. Johanne est cette personne exceptionnelle. En plus, c’est une collègue formidable, parfaitement bilingue et capable d’assurer le financement malgré les hauts et les bas des appuis gouvernementaux. Le Nouveau-Brunswick a beaucoup de chance de bénéficier de son leadership », ajoute Hughes, qui est aujourd’hui professeure et ancienne doyenne de la Faculté de droit Bora Laskin de l’Université Lakehead.
Au fil des années, Jula Hughes a agi comme conseillère, membre du conseil d’administration et vice-présidente anglophone de la Coalition. Plus récemment, elle siège à un comité d’expertes chargé de développer des recommandations pour le développement d’une loi sur l’équité salariale.

La sociologue Isabelle McKee-Allain, représentante du Sud-Est au conseil d’administration de la Coalition et première femme à avoir occupé le poste de doyenne à l’Université de Moncton, souligne elle aussi le leadership de Johanne Perron au sein du mouvement.
« Johanne Perron est une grande source d’inspiration pour moi en tant que membre du Conseil d’administration de la Coalition depuis plusieurs années. Excellente communicatrice, elle sait bien reconnaître et valoriser l’apport des membres qui reflètent divers groupes d’âge, de professions et de régions, entre autres. Bref, son enthousiasme contagieux pour la cause et ses compétences font d’elle une féministe exemplaire! » .

Grâce aux efforts d’organisation de Perron et de la Coalition, une loi provinciale sur l’équité salariale dans le secteur public est entrée en vigueur en 2010. Aujourd’hui, le gouvernement libéral de Susan Holt s’est engagé à étendre l’équité salariale au secteur privé, où plus de 60 % des femmes sur le marché du travail sont employées.
Comme la Coalition vise un changement systémique, elle a travaillé avec tous les gouvernements depuis 2001. L’équité salariale est un droit de la personne, pas une question partisane, et les dirigeants de tous les horizons politiques ont contribué à faire avancer le dossier.
L’ancienne ministre des Finances Cathy Rogers, première femme à occuper ce poste au Nouveau-Brunswick, a travaillé avec Perron lorsqu’elle était au gouvernement de 2014 à 2020, afin d’examiner comment étendre l’équité salariale au secteur privé. Aujourd’hui, elle continue d’appuyer ces efforts. Rogers décrit Perron comme « l’une des militantes les plus compétentes, les plus humbles et les plus professionnelles avec lesquelles j’ai travaillé » et salue « son travail acharné et inlassable avec sa formidable équipe ».
Nancy Hartling a été sénatrice jusqu’à sa retraite en 2025. Elle a rencontré Johanne Perron alors qu’elle était directrice générale de Support to Single Parents.
« Je connais Johanne Perron depuis près de 25 ans, depuis qu’elle a commencé à travailler à la Coalition, où nous partagions les mêmes bureaux. Je l’admire profondément, car c’est une leader dynamique, énergique et très convaincante. Sa passion et son engagement ont fait avancer l’équité salariale au Nouveau-Brunswick, et nous lui en sommes très reconnaissantes », affirme Hartling.
Lors de la dernière Journée internationale des droits des femmes, Hartling a remis à Perron la médaille du couronnement du roi Charles III en reconnaissance de sa contribution à la cause de l’équité salariale. Elle a également reçu la médaille du jubilé de platine de la Reine Elizabeth II et le prix VIVE championne communautaire.

Elizabeth Blaney, membre militante de longue date et ancienne présidente de la Coalition, souligne le dévouement sans faille de Johanne Perron à la cause de l’équité salariale, qui a été une grande source d’inspiration pour les gens du Nouveau-Brunswick.
« Johanne a consacrésa carrière à déjouerles excuses incessantes du gouvernement, que ce soit à l’Assemblée législative, dans les bureaux privés des élu·es ou lors de manifestations spontanée. Elle souligne souvent que le changement passe par la prise de parole, et non par le silence, et que notre voix peut être aussi créative que notre imagination », déclare Blaney.
« En donnant sa voix à une cause et en encourageant les autres à faire de même, Johanne adopte toujours une approche globale. Elle travaille avec d’autres militantes communautaires selon le principe que la révolution peut être amusante. Et elle réussit à transmettre le message d’égalité et d’équité d’une façon que interpelle le public, le secteur privé et même l’Assemblée législative », explique Blaney.
« Qu’il s’agisse d’envoyer au gouvernement du Nouveau-Brunswick une facture pour le travail non rémunéré des femmes, de lancer des slogans comme “On travaille pas pour des pinottes” en distribuant des arachides à nos honorables législateurs, d’envoyer des messages de Saint-Valentin rappelant que des salaires équitables sont la véritable preuve d’amour, ou encore de défendre l’idée radicale qu’une orange (une préposée des soins) peut valoir autant qu’une pomme (un chauffeur de camion) – et que tous les deux d’être payés 25,89 $ de l’heure – ces gestes ont contribué à faire bouger les lignes vers un changement systémique », ajoute Blaney.
Joan McFarland est une professeure d’économie à la retraite et membre active de longue date de la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick.
« En tant que membre de la Coalition à Fredericton depuis 25 ans, j’ai eu amplement temps de voir Johanne à l’œuvre. Elle est formidable. Elle n’abandonne jamais. Elle continue de se battre pour l’équité salariale au Nouveau-Brunswick, d’abord dans le secteur public, puis maintenant dans le secteur privé. Le projet de loi sera bientôt déposé par le gouvernement actuel. Une grande partie du mérite revient à Johanne ! »

Johanne Perron et la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick ont été mis en lumière dans plus de 35 articles du Coop Média NB :
- ont encouragé le gouvernement libéral de Holt à aller de l’avant avec la législation sur l’équité salariale dans le secteur privé lors d’un rassemblement qu’elles ont organisé à Moncton à l’occasion de la dernière Journée internationale des femme.
- ont plaidé en faveur d’une amélioration des salaires du secteur des soins de longue durée en 2024
- ont applaudi la décision du gouvernement fédéral d’investir 30 milliards de dollars sur cinq ans dans l’éducation préscolaire et la garde d’enfants en 2021
- ont demandé au gouvernement de verser des salaires équitables aux travailleuses et travailleurs des soins au début de la pandémie de COVID-19 en 2020
- se sont opposés à l’austérité qui oblige les travailleurs à se contenter de moins en collaborant avec d’autres organisations comme la coalition Prospérité, non austérité du Nouveau-Brunswick en 2015.
- ont exigé de plus grandes augmentations salariale pour les travailleuses touchées par l’inégalité salariale.
Raphaëlle Valay Nadeau est présidente de la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick. Elle est également membre fondatrice du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick et en a aussi étéla présidente. Depuis 2015, elle travaille comme conseillère syndicale à l’Alliance de la Fonction publique du Canada, où elle appuie les membres dans la négociation et à faire respecter leurs conditions de travail.
« Les présidences se sont succédé, les contextes ont changé, les défis se sont transformés, mais elle est demeurée — constante, résiliente, déterminée. Elle incarne cette persévérance tranquille et cette force inébranlable qui nous permettent aujourd’hui d’espérer — et de croire réellement — à la mise en œuvre pleine et entière de l’équité salariale pour toutes les travailleuses », déclare Nadeau.
Au fil des ans, Johanne Perron a guidé la Coalition à travers des périodes difficiles comme pendant les périodes de croissance. Souvent la seule employée, elle a mené ce travail avec un groupe dévoué de bénévoles, tout en contribuant à bâtir la petite équipe qui fait avancer l’équité salariale au Nouveau-Brunswick aujourd’hui. Lors d’événements, cette équipe se présente parfois en blaguant comme « l’armée de Johanne » en son absence, un clin d’œil humoristique au rôle central qu’elle joue au sein de l’organisation et du mouvement pour l’équité salariale.
Dans un article du Coop Média NB publié l’an dernier, Johanne Perron rappelait toutefois qu’une loi, à elle seule, ne suffira pas à combler l’écart salarial systémique entre les genres. « Une loi obligerait les employeurs à examiner les responsabilités, les conditions de travail, les efforts et les qualifications requis pour les emplois surtout occupés par des femmes et ceux surtout occupés par des hommes », expliquait-t-elle. « Eh ça, ça prend du temps ».
Le temps n’a pas entamé l’optimisme de Perron ni son attachement profond à cette cause Après des décennies à répéter les mêmes arguments et à traverser des revers, elle demeure aussi engagée et déterminée que jamais. Si quoi que ce soit, ces défis n’ont fait que renforcer sa détermination.

Le thème de la Journée internationale des droits des femmes cette année est « Donner pour recevoir », soulignant la force de la solidarité et du soutien mutuel. Faites un don à la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick. Devenez membre. Réclammez du pain et des roses, des salaires équitables et la justice économique, mais aussi la dignité et la beauté. Célébrez les femmes dans nos vies et ce qu’elles nous ont légué.
« Merci Johanne pour ton leadership et ton engagement continu envers les travailleuses vulnérables, la justice économique pour toutes et tous, et l’égalité des femmes au travail. La province du Nouveau-Brunswick s’en porte mieux grâce à une Québécoise qui n’a jamais changé de cap », ajoute Elizabeth Blaney, une autre femme qui n’a jamais changé de cap.
Rachel Richard est directrice adjointe de la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick. Tracy Glynn est l’ancienne présidente du comité de Fredericton de la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick.







