Moncton – L’émotion était d’une rare intensité au Centre Aberdeen de Moncton, la soirée du dimanche 26 avril. L’explosion artistique présentée par l’ensemble Qasida Flamenca a clôturé admirablement la 5e édition du Festival du patrimoine arabe. Au total, les organisateurs nous auront proposé huit rendez-vous qui ont été rythmés par le partage, la nostalgie, la danse et surtout les éclats de rire. Voici un résumé de mon aventure arabe, qui aura fait d’avril 2026 un mois que je ne pourrai jamais oublier.
Les murs ont tremblé
Retournons d’abord à la soirée du samedi le 25 avril, où le film documentaire La Rockeuse du désert était présenté au Centre des arts et de la culture de Dieppe. Pour l’amateur de musique que je suis, il était impossible de rester indifférent face à la fascinante histoire de l’Algérienne Hasna El Becharia.
Femme d’une trempe exceptionnelle, Hasna a fait fi des conventions réservant la musique gnawa aux hommes en fabriquant elle-même son guembri (instrument traditionnel du Maghreb) et en allant se produire sur différentes scènes à travers le monde. Avant elle, aucune femme n’avait osé. Plusieurs spectatrices s’en sont dites inspirées : « J’admire son courage. Imaginez, cette femme est née en 1950 et a ouvert la voie à tellement d’autres musiciennes. En plus, j’adore sa musique », partage Hanane, qui était en compagnie de sa fille Ghalya, qui a également été inspirée par cette Rockeuse du désert.
Il faut absolument mentionner la touche de magie qu’est venue ajouter le musicien et chanteur Amine Saasaai en montant sur scène après le film. En plus de nous raconter l’histoire du guembri, Amine nous a ensorcelés avec la prestation de quelques morceaux du répertoire de musique gnawa.

Pour ma part, même si le film ne durait qu’une heure trente, l’authenticité, l’humanité et surtout la musique de Hasna El Becharia ont continué à m’habiter plusieurs jours après le visionnement.
Bouquet final
On m’avait prévenu que le Festival allait se terminer en force avec le spectacle musical de Qasida Flamenca, mais je n’avais aucune idée de l’ampleur de cette fameuse force. Les cinq musiciens, accompagnés de la saisissante bailaora MariA, ont fait exploser le toit de la salle Bernard-LeBlanc, le soir du 26 avril. Co-présenté par le Festival de littérature Frye, l’événement a fait salle comble. L’audience a été conquise.
De tous les mystères du monde arabe, l’art du flamenco est peut-être le plus agréablement troublant. Puisant dans la tradition andalouse (Espagne), il amalgame un mélange intemporel de poésie, de danse, de guitare et de passion.
Personnellement, ne parlant pas l’arabe, je n’ai pu saisir les nuances des paroles merveilleusement chantées par Reem Fayad, soliste du groupe. Par contre, à l’image de toutes les personnes présentes, j’ai été marqué par l’émotion pure de ces pièces. Alternant la délicatesse et l’explosion de rythmes déchaînés, le groupe a captivé son auditoire pendant l’intégralité des 90 minutes du spectacle.
Beau clin d’œil à la culture locale, la musicienne Lucie Lavoie a joint son violon à Qasida Flamenca pour y peindre quelques couleurs de la tradition acadienne.
Un dernier mot sur la bailaora de calibre international MariA. Rien n’aurait pu détourner l’attention du public de la danse de cette virtuose du flamenco. C’est un peu comme si le feu s’était invité sur scène pour démontrer la précision de son art. De mon côté, je croyais savoir ce qu’était le flamenco, et le spectacle m’a poliment coupé le souffle.
La fin du voyage
À la suite de cette prestation, l’équipe du Club arabe a convié les spectateurs à une chaleureuse réception de clôture du festival. Un sentiment de gratitude a enveloppé la salle Bernard-LeBlanc alors que partenaires et collaborateurs sont montés sur scène pour témoigner leur reconnaissance aux organisateurs.

La ministre Claire Johnson, membre du cabinet provincial, a profité de l’événement pour souligner la richesse culturelle de la province, avant que Joan Milliea, gardienne du savoir, récite une touchante prière de remerciement en mi’kmaq.
C’est surréel de penser qu’en moins d’un mois, nous aurons plongé dans les réceptions nuptiales du Levant, chanté les comédies musicales égyptiennes et apprécié la richesse de la calligraphie mésopotamienne. Sans compter l’émerveillement des enfants, qui ont pu célébrer leur culture lors des ateliers de « Meshwar », et de tous ceux qui ont fait la découverte de l’une des plus belles littératures du monde à la bibliothèque de Moncton. Nous aurons surtout tous vibré au rythme d’une culture noble, raffinée et apaisante.
Pour ma part, la cinquième édition du Festival du patrimoine arabe aura été ma première, et je peine à trouver les mots pour exprimer ma reconnaissance à l’équipe du Club arabe. Arrivé au Nouveau-Brunswick l’an dernier, j’ai trouvé dans la communauté arabe de Moncton un accueil qui a transformé mon intégration. Ayant elles-mêmes vécu ces défis, ces personnes m’ont accueilli comme un cousin de l’occident.
Merci, je n’oublierai jamais avril 2026.
Au cours du mois d’avril, Hubert Théberge a collaboré avec le Club culturel arabe à titre de correspondant médiatique des activités de la cinquième édition du Festival du patrimoine arabe.





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