À l’Université de Moncton, campus de Moncton, un nouvel aménagement routier proposé sur l’avenue de l’Université mettra en péril la sécurité des personnes usagères des transports en commun (autobus de ville), des piétons et des cyclistes, en plus d’impliquer l’abattage d’arbres matures et la diminution de couvert herbeux.

Nous, signataires de cette lettre, demandons à l’Université de Moncton de revenir sur sa décision concernant l’approbation de travaux qui comprendront l’abattage de deux arbres matures et la création d’une nouvelle voie bétonnée, le tout dans le but de laisser libre cours aux voitures.
Depuis le début du mois de juin, les membres de la communauté universitaire et les citoyens de la ville de Moncton se mobilisent, préoccupés par des chantiers visant la création d’aménagements routiers centrés sur les voitures. Des travaux ont déjà débuté sur l’avenue de l’Université dans le but de fluidifier la circulation automobile.
Ces travaux visent à aménager des espaces de stationnements pour les autobus de ville lorsqu’ils sont à l’arrêt pour la descente et la montée des passagers. Ces voies d’arrêt permettraient aux automobilistes qui utilisent l’avenue de l’Université comme voie de transit de ne pas avoir à attendre quelques instants derrière l’autobus.

Or, cette décision aura des conséquences importantes sur notre sécurité ainsi que sur la nature présente sur le campus. D’abord, elle implique l’abattage d’au moins trois arbres matures vivants dont la valeur n’est plus à faire valoir (les mesures « compensatoires » de plantation d’arbrisseaux proposées ne compensant rien). Elle implique aussi l’asphaltage ou le bétonnage d’une surface importante qui était jusque-là en herbe. Dans un espace déjà sujet à la rétention d’eaux de pluie, est-ce raisonnable de procéder ainsi ? La recherche en urbanisme y a déjà répondu, c’est non.

La recherche (et nous tenons à le souligner, car l’université est une institution de savoirs) a aussi montré, études empiriques d’accidents à l’appui, que plus les véhicules étaient « libres » de circuler sans entrave, plus ils allaient vite, et ils plus causaient d’accidents. Après tout, c’est le principe des autoroutes pour aller vite : laissons la voie libre aux autos. Or, ce qui est pertinent pour une autoroute est tout à fait inadéquat en zone urbaine et encore moins là où des jeunes, des parents avec leur poussette, et des personnes à mobilité réduite se déplacent pour prendre le bus ou rentrer chez elles à pied. Nous sommes plutôt d’avis que pour assurer la sécurité de tout un chacun sur notre campus, il faut des mesures pour réduire le nombre et la vitesse des voitures qui y circulent!
En laissant libre champ aux voitures, la Ville de Moncton et l’Université de Moncton tournent le dos à la sécurité de leurs citoyens et citoyennes, elles tournent le dos aux résultats de la science, elles tournent le dos à la valeur intrinsèque des arbres et des plantes. Plutôt, elles choisissent la vitesse et le béton, et n’écoutent pas ceux et celles qui leur demandent de revoir leurs façons de faire.
Ce que nous demandons
Nous voulons un moratoire immédiat sur l’abattage d’arbres sur l’avenue de l’Université et plus généralement sur le campus, ainsi que l’annulation du chantier prévu près de l’abribus devant le pavillon Adrien-J.-Cormier. Nous demandons également à l’administration de l’Université de Moncton d’entrer en dialogue avec nous, dans le but de trouver une solution à la fois véritablement sécuritaire et écoresponsable qui fera l’affaire de tout le monde pour l’arrêt d’autobus concerné.
Plus généralement, nous demandons l’adoption d’une politique de l’arbre forte. Une telle politique est en préparation depuis environ deux ans, et n’a toujours pas été adoptée. Nous demandons aussi l’accélération de la mise en œuvre du plan d’action climatique pour lequel le Conseil de l’université a voté à l’unanimité un budget d’un million en juin 2023.
Enfin, nous demandons des actions plus rapides et concrètes pour rendre le campus favorable aux usagers non-automobilistes de la route : stationnements de vélo, voies cyclables, dos d’âne, limite à 30 km/h partout sur le campus, poteaux flexibles empêchant les dépassements, ajouts d’arrêts d’autobus à plus d’endroits stratégiques sur le campus, etc.

Pour ajouter votre nom à la liste des signataires de cette lettre ouverte, qui sera envoyée à l’administration de l’Université de Moncton, à la Ville de Moncton et à la société des transports Codiac Transpo, cliquez ici.
Cette lettre est signée par, entre autres, Laurence Arrighi, Arianne Des Rochers, Guillaume Lépine, Jean-Michel Robichaud et Jean Philippe Sapinski, professeur·es à l’Université de Moncton, campus de Moncton.



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