« Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens réfléchis et engagés puisse changer le monde ».
L’axiome de l’anthropologue culturelle Margaret Mead était évidente dans les visages souriants et l’atmosphère festive qui ont accompagné l’inauguration le 9 juin à Moncton d’un nouveau complexe de logements holistiques destiné aux femmes seules et aux mères à faibles revenus, situé au 12, rue Pine.
Ce complexe de 15 logements a été ouvert par Habitation pour la Vie (HPV), un nouveau groupe pour la justice sociale de Moncton.
La Résidence Marie-Anne, située sur la rue Pine, est bien plus qu’un simple complexe immobilier. L’idée de cette résidence est venue des participant.e.s à un cours sur la justice sociale organisé par Sœur Auréa Cormier et animé par Nicolas Kalgora.
« Le cours comprenait 10 séances axées sur l’analyse sociale de diverses injustices qui nous entourent », a déclaré Sœur Cormier. « Dès la quatrième séance, les participantes ont exprimé leur souhait d’aller au-delà de la simple prise de conscience de l’injustice pour passer à l’action ».
À l’issue d’un processus de discernement, la classe a décidé de s’attaquer au problème de la pauvreté chez les femmes et leurs familles au Nouveau-Brunswick. Plus précisément, iels ont choisi de développer des logements sociaux destinés aux mères célibataires et à leurs enfants, ainsi qu’aux femmes vivant seules avec un budget modeste.
C’est ainsi qu’iels ont créé Habitation pour la Vie, une association à but non lucratif visant à construire des logements abordables et subventionnés destinés aux mères célibataires et aux femmes vivant seules à faibles revenus.

« Les femmes vivant seules et les mères célibataires sont les plus exposées au risque de pauvreté », a déclaré Cormier. « La Résidence Marie-Anne améliore leur situation financière, leur permettant d’acheter des aliments nutritifs, de s’habiller et de subvenir à d’autres besoins fondamentaux ».
« Le projet de la rue Pine signifie que 15 ménages dirigés par des femmes ont désormais accès à des appartements subventionnés à des loyers mensuels correspondant à 30 % de leurs revenus, à partir de moins de 200 $ par mois ».
Les locataires auront accès à un charmant jardin collectif au bout de leur pâté de maisons et au parc Victoria, situé à un coin de rue.
L’approche holistique de HPV en matière de logement pour personnes à faibles revenus se reflète dans ses accords avec le YWCA visant à aider les locataires à réaliser leur plein potentiel. Grâce au YWCA, les locataires de la Résidence Marie-Anne auront accès à des formations sur les compétences de la vie courante, à des cours d’éducation financière et à des opportunités de développement personnel.
Si nécessaire, un.e intervenant.e du YWCA peut également orienter les locataires vers des services essentiels, notamment une aide en matière de toxicomanie. Le YWCA propose également des visites de soutien à domicile aux locataires.
Pour construire cette résidence, HPV a choisi SheBuilds Communities for Life, une entreprise de construction détenue et dirigée par Donna Ferguson. SheBuilds est née du constat que les femmes sont surreprésentées parmi les personnes ayant besoin d’un logement abordable, mais sous-représentées parmi celles qui construisent ces logements.

Ferguson souhaitait mettre en place des équipes de construction dans lesquelles les femmes se sentiraient à l’aise. Pour ce faire, elle « a trouvé les bons partenaires et lancé le premier cours de menuiserie entièrement féminin du Nouveau-Brunswick », et « a commencé à construire des logements et à créer des opportunités ».
La construction de l’immeuble d’appartements de deux étages situé sur la rue Pine a coûté 3 580 000 $. Les dons privés provenant d’individus et de groupes communautaires ont rapporté 1,7 $ million, dont un don remarquable de 1,1 $ million versé par un.e résident.e de Moncton qui a été touché.e par le sort des personnes dans le besoin.
La province du Nouveau-Brunswick a accordé un prêt non remboursable de 1 235 000 $ dans le cadre de son Programme de logements locatifs abordables.
Nicolas Kalgora a animé le cours sur la justice sociale organisé par Cormier. « Nous nous sommes penché.e.s sur l’analyse sociale des injustices et avons étudié les dynamiques de la pauvreté », a déclaré Kalgora. « Nous avons éprouvé de la compassion pour les personnes qui n’avaient pas de domicile et nulle part où aller, et nous voulions faire quelque chose pour les aider ».
M. Kalgora a également indiqué que les personnes souhaitant aider Habitation pour la Vie peuvent contacter l’adjointe administrative de HFL, Rhada Elkhadir, au (506-588-5580) ou consulter le site web en cliquant ici.

Sœur Marie-Eva Gaudet a participé au cours sur la justice sociale organisé par Cormier. Elle s’est inscrite à ce cours pour en savoir plus sur les questions de justice et a rejoint le comité Habitation pour la Vie formé par les participant.e.s au cours.
« Nous avons réalisé que les familles monoparentales, en particulier celles dirigées par des femmes, étaient les plus touchées par la crise du logement », a déclaré Gaudet. « En fournissant un logement à ces femmes, nous nous placions au premier plan d’un enjeu fondamental de justice sociale ».
« Ces logements ne sont pas seulement des murs, mais le début d’une nouvelle vie », a-t-elle déclaré. « La création de Habitation pour la Vie est un moyen concret de donner une voix et une sécurité aux femmes qui en ont été privées ».
« Travailler ensemble –la solidarité– rend possible ce qui semble impossible » a dit Gaudet. Elle a expliqué que le cours sur la justice sociale organisé par Cormier a sensibilisé les participant.e.s et leur a permis d’approfondir leurs connaissances sur la pauvreté et la situation précaire des femmes et des enfants vivant dans la pauvreté.
Peut-être la meilleure nouvelle est que la Résidence Marie-Anne n’est pas la fin des projets inaugurés par Habitation pour la Vie.
Un terrain a déjà été acquis pour une deuxième résidence destinée à aider les familles en situation de pauvreté. C’est en effet une raison de se réjouir.
Dallas McQuarrie écrit de temps en temps pour la Coop Média NB et vit sur le territoire non cédé des Mi’kmaq. Il a participé aux cours sur la justice sociale qui ont mené à la création de Housing for Life Inc., en rédigeant des réflexions spirituelles pour chaque cours.



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